de  Gianfranco Menghini

Un marlin pour deux

Romanzo

André Laffont, un jeune entreprenant parisien à défaut de trouver une situation convenable dans sa ville natale, vient convaincu par Miguel, un occasionnel ami vénézuélien, d’aller vivre à Caracas. Introduit auprès dans la bonne société de Caracas, lors d’une fête il connait les composants de deux familles très importantes : l’une des Cortés, dont les deux parents, très riches, le prennent toute de suite en sympathie, et André de se part, ayant connu leur fille, Cecilia Cortés, tomba amoureuse d’elle et commence à rêver de l’épouser pour entrer triomphalement dans la haute société vénézuélienne. L’autre famille, celle des Varela, est formée par un couple sans fils, dont lui, Rodrigo est PDG d’un important institut bancaire national et, étant ami du président du Pays, il est strictement lié au gouvernement au pouvoir. Elle, Victoria Varela, son épouse, est une belle femme, plus jeune du mari de moins de trente ans. André se fixe deux objectifs importants. Obtenir la main de la belle Cecilia, seule héritière de la fortune des Cortés et devenir ami particulier de Victoria Varela, femme décomplexée dans les affaires et aussi exigeante avec ses amis, en particulier ceux de sexe masculin, si jeunes et beaux. André est son type, de sorte que sa mante réussit en profiter. En fait, elle devient son amante et, comme conséquence, en tant que son gigolo qui se trouve tout d’abord d’accord, André accepte la tâche de devenir le fiduciaire de la famille et ensuite envoyé à New York pour traiter la vente d’un grand immeuble situé au coeur de Caracas, affaire que le définir désinvolte serait un simple euphémisme. André en tire un bénéfice de presque trois millions de dollars, somme qui le mettra dans une position acceptable de ne pouvoir pas être considéré comme un chasseur de fortune, quand il réussira à épouser sa bien aimée Cecilia. Cependant, désormais pris au piège dans les affaires assombris par la désinvolture du couple Varela et bien prévenu par son ami Miguel, André se refuse de continuer de faire d’intermédiaire pour des autres fourbes affaires et coupe les rapports avec les Varela. Sans tenir compte des menaces de Victoria qui cherchera de l’entraver dans tous les domaines. André s’appuiera sur son nouvel ami, connu lors d’une battue de pêche au marlin autour de l’île de Ambergris au Belize. Il est américain et s’appelle William Blair, âgé de soixante cinq ans et ancien opérateur financier, qui a quitté l’entreprise après de gains remarquables qui l’ont rendu multi millionnaire. Passionné de la pêche hauturière, il déverse son amour paternel, n’ayant jamais eu des fils, sur le jeune ami et l’aidera de s’en sortir d’une situation dangereuse lorsque Victoria Varela sera trouvée assassinée et André soupçonné d’être le coupable.

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CHAPITRE 1

Le fracas assourdissant des inverseurs du Jumbo Air France était à son comble lorsque André vit défiler les images de l’aérogare de Maiquetia, avec sa file d’avions en stationnement. Après avoir longuement roulé au pas, l’appareil s’immobilisa dans la zone de parcage des avions et le jeune homme, déjà prêt, le sac de cabine à la main, s’élança sur la passerelle afin d’arriver plus rapidement dans la salle de retrait des bagages, non pas pour être le premier à les retirer – il lui faudrait attendre au moins vingt minutes avant qu’ils n’apparaissent sur le tapis roulant – mais pour voir si Miguel l’attendait à la sortie. Et il l’aperçut effectivement, le saluant de la main, à l’une des sorties que la police des frontières surveillait attentivement. Désormais, tout dépendait de lui. Il l’avait assuré qu’il n’y aurait pas de problème à son arrivée à Caracas. Il lui avait loué un appartement confortable dans la grande tour sur l’Avenida de Mexico, entre l’Anauco Residence et l’hôtel Hilton, dans le centre de la capitale vénézuélienne. Ils réfléchiraient ensemble aux possibilités qui se présenteraient pour assurer son avenir au Venezuela. Le pays était alors prédisposé à introduire de jeunes éléments parmi sa classe dirigeante, encore en pleine transformation, et il avait besoin de personnes entreprenantes et compétentes. Quelqu’un comme lui, disposant, de surcroît, d’un capital initial, semblait donc tout désigné et s’il investissait son argent avec circonspection, il pourrait y faire fortune.
André n’avait d’ailleurs gagné le Venezuela que pour cette simple et unique raison. Il comptait sur les relations de Miguel dans les milieux les plus influents de la ville, et principalement au sein de la police et de l’armée, mais surtout sur l’influence du père de celui-ci, qui avait été l’important dirigeant d’une société américaine de pétrole. Dans un pays comme celui-là, il était facile de pouvoir compter sur des amis dispersés ici et là au sein de l’administration civile et militaire. Il suffisait de graisser la patte, lui avait-il dit. Étant donné la situation financière peu reluisante de certains des fonctionnaires de la ville, moyennant quelques libéralités, il jouirait, c’était certain, de gros privilèges comme celui de se mouvoir librement dans quelques clubs privés où il ne manquerait pas de flairer une bonne affaire. Le salaire des employés de l’administration publique n’était effectivement pas faramineux et ne suffisait clairement pas à entretenir une famille aux besoins très particuliers ; quelques fonctionnaires, officiers de la Police et de l’Armée, s’arrangeaient comme ils le pouvaient. Certes, le minimum vital était à la portée de tous : le coût de la vie était assez modeste, celui des denrées alimentaires et des loyers, quasiment ridicule. L’essence coûtait trois fois, rien en comparaison des prix affichés en France. Mais les besoins et appétits de certaines personnalités, qui, pour cette raison précise, faisaient leur apparition dans tous les événements mondains, étaient d’un tout autre ordre. Surtout s’ils avaient à charge une famille nombreuse et, pour les plus chanceux, une femme jeune et ambitieuse aimant éblouir la galerie et qui, pour ce faire, s’habillait à la dernière mode locale et portait des bijoux terriblement tape-à-l’œil. Sans parler de l’impératif de posséder une voiture, américain bien entendu, et au coût prohibitif.
Grâce à des appuis de ce genre et à un capital en dollars initial assez raisonnable, toutes les portes du ‘beau monde’ s’ouvriraient à lui, lui donnant la possibilité de faire des affaires tout en contournant des règlements plus ou moins confus empêchant quiconque, et un étranger en particulier, de commencer toute activité fructueuse. En faisant la connaissance de Miguel à Paris, André lui en avait instantanément exprimé le désir. Il atterrirait à Caracas avec l’intention d’y poser ses bagages et d’étudier la manière la plus rapide de gagner le plus d’argent possible. Il était las de se traîner en Italie. Ici, on devait systématiquement contourner mille difficultés bureaucratiques et il y régnait une forte concurrence. Il n’y avait plus de place pour les jeunes entrepreneurs. Un malaise chronique s’était installé et s’était disséminé parmi tous les secteurs de la production. La Bourse stagnait ; les banques ne concédaient plus de crédits, sinon aux rares personnes pouvant les cautionner par des biens immobiliers dont la valeur devait être de trois à quatre fois supérieure à celle de l’emprunt contracté ; les taux d’intérêt étaient à la limite de l’usure et on ne comptait plus les faillites de ce grand système.
Il avait monté, avec un ami, un petit concessionnaire automobile. L’exploitation tournait plutôt correctement, à son petit niveau, lorsque l’entreprise de fabrication avait pris l’initiative d’élargir son réseau de vente, entraînant ainsi la diminution de leur chiffre d’affaires, déjà relativement réduit. La concurrence augmentant de plus en plus, certains allaient même jusqu’à retirer des ventes certaines voitures d’occasion, les estimant à la limite du suicide financier, pour ne se concentrer que sur la vente des neuves. Les voitures d’occasion invendues, à l’abandon, encombraient ainsi de grands parkings extérieurs. André se déplaçait souvent à scooter afin de passer inaperçu de la concurrence et épiait, camouflé derrière les clôtures, les emplacements envahis de…